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Microsoft word - r.e.v.doc

Il était une fois, en début d'année 2004, un jeune et bel athlète (selon lui) qui cherchait à
planifier ses futurs vacances estivales. Pas d'objectifs précis en tête, mais l'envie de découvrir
quelque chose de nouveau en tout cas. Bien sûr, le domaine sportif serai privilégié, cependant, ce
ne serai pas du triathlon cette année. Passons donc sur l'épisode de Roth (distance Ironman) que
finalement j'ai fais le 4 juillet (car c’est de moi qu’il s’agit, bien sûr), embarqué dans l'aventure
par quelques 18 copines et copains du club…
Donc, à la recherche de vacances sportives, je suis plutôt branché course à pied et orienté trails,
si possible à étapes sur plusieurs jours, dans une ambiance conviviale et avec des paysages à la
hauteur de mes attentes (Beauce et Nord de la France à oublier !)
Aucune expérience du trail, mais très forte envie de pratiquer.
Calendrier des trails en main, je cherche. Et que vois-je ? Relais Extrême Vercors du 24 au 28
août 2004 : 210 km par équipe de 2, en relais et autosuffisance alimentaire.
Dans la minute qui suit, j'ai le téléphone à l'oreille et Marielle Coudert-Perret (traileuse de
talent) au bout du fil.
-" Bonjour ! Grégory Delpouys à l’appareil. S’teplait, c'est quoi votre truc en relais ?"
-" C'est un trail sur 5 jours, c'est très bien, il faut venir"
-" Faut être 2, c'est ça ?"
-" Oui ! t'as quelqu'un ?"
-" Non ! Mais j'vais m’ débrouiller"
Bon ! Il faut être 2, j'ai 6 mois pour trouver un ou une fêlée. J'ai bien une idée, mais il va me
falloir être convaincant !
N'empêche ! ça à l'air pas mal ce truc, les distances font un peu peur, mais si je le fais à mon
rythme, ça doit passer. Quelques recherches sur divers sites Internet pour obtenir des infos. A
vrai dire, pas grand-chose à se mettre sous la dent (les yeux. ) concernant cette épreuve, mis à
part que, par le passé, l'épreuve était en orientation. Renseignements pris auprès de Marielle,
cette année la course est entièrement balisée. Ça vaut mieux pour moi, sinon on peut déjà sortir
les hélicos. Ou me faire greffer sous la peau une puce reliée à un satellite.
Un premier trail le 18 janvier au Mont-Dore (63), histoire de savoir ce que c'est. Très sympa, 21
kilomètres sur la neige fraîchement tombée, avec quelques Asfasiens (ASFAS Triathlon), dans
une ambiance conviviale. Un exemple : Le départ retardé d'une heure et parcours raccourci de 10
kilomètres et même modifié en raison des intempéries de la veille, mais personne ne proteste et
tout le monde va prendre un café. Je me trompe peut-être mais, sans vouloir caricaturer, il me
semble qu'un épisode identique à celui-ci n'aurait pas forcément eu lieu dans toutes les
disciplines sportives…
Première expérience réussie, mais force est de reconnaître que cela n'a sans doute pas grand
chose à voir avec 5 jours de course, 7500 mètres de dénivelé positif et 25 bornes en moyenne
par jour et par coureur.
Les jours et les semaines passent, je m'entraîne régulièrement, à pied (puis à vélo, Roth oblige)
toujours en pensant au R.E.V. Il faut maintenant passer à l'action, il y a un peu de marge, mais le
jour J se rapproche et il faut convaincre l'équipière à laquelle je pense.
-" Joyeux anniversaire"
-" Merci ! C'est quoi dans l'enveloppe ?"
-" Ben… ouvre, tu verras !"
-" Oh ! Une inscription pour le Relais Extrême Vercors"
Après quelques arguments supplémentaires dont le fait qu'il y aura apéro tous les soirs, l'équipe,
avec Valou, est composée (De toutes façons, je peux maintenant l'avouer, nous étions déjà
inscrits, bulletins et chèques envoyés)
"Le bonheur ne vaut que sil il est partagé"
Valou, alias Valérie Garré : 28 ans, prof d'EPS, fait un peu de sport, du triathlon, licenciée au
SAS TRI 37. Participe aux Grand-Prix de D1. 10ème Elite aux championnats de France CD 2004.
Je vous passe les autres lignes du palmarès.
Signes particuliers : Ne s'entraîne pas beaucoup et court très vite. Travaille à ses heures
perdues pour le magasin Cap Marathon à St Gratien (95)
Greg, alias Grégory Delpouys : 32 ans, vendeur de vélos, triathléte lui aussi, licencié à L'ASFAS
TRI 45. Ne participe pas au Grand-Prix de D1. Palmarès néant.
Signes particuliers : S'entraîne mal et ne court pas vite.
La date approche, je suis connecté sur Internet chaque seconde pour avoir quelques (beaucoup)
infos concernant le trail.
L'alimentation : Un peu d'expérience avec le triathlon longue distance et un plan précis élaboré
par Audrey, la diététicienne d'Overstim's.
Les chaussures et l'entretien des pieds : J'écoute les conseils de Valou.
Le sac et divers accessoires : Les forums des sites dédiés à la course à pied et les conseils
tirés des textes écrits par des coureurs.
L'entraînement : Pour moi, parce que Valou, elle, ne s'entraîne pas, elle n'a pas besoin (c'est pas
juste, mais c'est comme ça). Merci à Patricia qui a réussie à faire un plan incluant la récupération
de Roth et la préparation au R.E.V.
Les médicaments : Pour palier à mes problèmes intestinaux, le médecin a utilisé la manière forte
: 1 mois avant la course, 3 fois par jour, matin, midi et soir : un Imodium et un sachet de Smecta…
La check-list commence, et déjà beaucoup de choses sont notées.
Nous sommes début Juillet, Roth vient à peine de se terminer. La récupération est courte, les
entraînements sérieux commencent, les sensations sont bonnes.
18 juillet, soit 2 semaines après Roth, nous faisons le triathlon d'Eguzon. Valou est en forme, un
peu fatiguée des France de la semaine passée, mais elle va bien.
Je n'ai pas touché au vélo depuis 2 semaines, mais ce n'est pas grave. Quant à la natation, inutile
d'en parler, je reste fidèle à mes principes (pas de natation).
Bilan : Temps très pluvieux, joli parcours, quelques bosses, pas de jus à vélo, ni en course à pied.
Mais je finis pas trop mal quand même.
5 jours plus tard, léger évanouissement au volant. Arrêt de travail le temps d'un après-midi,
analyses de sang OK et je promets de faire attention (parce que bien sûr je me suis fais grondé
comme un môme)
Par la suite, j'ai été prudent (je le pense, c’est mon avis et je le partage) et j'ai continué à
respecter le plan de Patricia.
Le jour J approche et la check-list fait plusieurs pages.
Valou, après 10 jours passés en Corse et quelques heures de marche, part dans les Alpes pendant
4 jours pour grimper quelques cols à vélo (Galibier, Télégraphe, Alpe d'Huez…)mais pas de course
à pied au programme.
Dernière semaine avant le R.E.V, quasi-repos pour moi et grosse semaine course à pied pour
Valou : 2 séances de 45 minutes ! Pour une fille qui fait un peu de sport, c'est pas mal.
J moins 2 jours : La voiture est pleine, en cas de pénuries de victuailles dans le Vercors (on ne
sait jamais, un embargo des Américains) nous pouvons tenir 6 mois… et alimenter la population de
La Chapelle en Vercors (certes pas très nombreuse : 800 habitants) pendant 2 mois. C'est sans
doute parce que cette région a été un haut lieu de la résistance qu’inconsciemment nous avons
prévu autant !
Un crochet d'une nuit en Auvergne dans la demeure familiale et le lendemain midi nous déjeunons avec un copain et sa famille à Valence. -"Greg tu me fais voir le tracé de vos parcours ?" -" Pas de problèmes ! Tu connais bien ces coins là ?" -"Ah ok ! vous êtes bien entraînés ?" -"Ben… pourquoi ?" -" Non, non,. comme ça" Il est vrai que tous les discours que nous avons entendu avant de participer au R.E.V n'étaient pas forcément encourageants, les gens nous prenaient pour des dingues. Premier contact avec l'organisation : La salle des fêtes, et aussi salle de cinéma, de La Chapelle en Vercors est plutôt un endroit sombre. Devant nous, des coureurs et leur famille, des habitués dirait-on, squattent un peu la place. Nous sommes un peu tendu en cette veille de départ et ça nous énerve un peu. Bon ! Tout est en règle et les organisatrices sont sympas. Pour le moment il n'y a que des filles dans l'organisation. Je m’en fais la remarque sans oser prendre le risque de le signaler tout haut ! Lundi 23 août (veille du départ) : Briefing et apéro à 18 heures, heure des retrouvailles pour beaucoup. Nous avons l'impression que tout le monde connaît tout le monde… sauf nous ! Accès à nos chambres (de 4 personnes) à La Maison de l'Aventure ; nous sommes les premiers sur les lieux, nos co-locataires ne sont pas encore arrivés. La maison de l'aventure a l’allure d’une Auberge de jeunesse, propre, tenue par Gilles (super) avec repas adaptés aux "sportifs" que nous sommes. Il y a aussi la télé, pour regarder les J.O… mais bizarrement, le soir après 20h30, il n'y a pas grand monde pour regarder les J.O… Première épreuve : Tenir à 4 personnes dans une chambre avec des lits superposés et avec nos 754 kilos de bagages. Les co-locataires, eux aussi une équipe mixte, arrivent sur les lieux, se présentent et les questions commencent –" Z'êtes d'où ?" " Le R.E.V, c'est la première fois ?"…, " Beaucoup de trails ?" …, "C'est à vous tous ces bagages ?" L'heure du repas arrive, l'ambiance est bonne, Valou et moi avons les oreilles tendues à l'écoute des récits de nos compagnons de table ; nous entendons parler de 6000D, de Diagonale des fous, Fila Sky Race, Défi de l'Oisans, Marathon des sables, Désert Cup et autres SaintéLyon… -" Et vous ?" -" Tu peux me passer l'eau s'il te plait ?" En rejoignant notre chambre nous sommes pâles… -"T'inquiètes pas ! ça va bien se passer" -"Ouais,. ouais !" -" De toutes façons, nous sommes là pour prendre des photos, rencontrer de nouveaux amis et pour le plaisir" -" C'est vrai" Il est temps d'aller se coucher , j'envisage de prendre 3 Valium pour dormir, j'hésite, Valou me dit que ce n'est pas forcément raisonnable, que ça risque de faire beaucoup ! Ah bon ! Non mais, c'est qu'il est un peu anxieux le garçon… Anne et Olivier, nos co-locataires, nous demandent qui part demain pour le premier relais. Ah oui ! c'est vrai ça, nous n'avons pas encore décidé dans quel ordre nous passerons les relais. Valou préfère partir la première, pour éviter la nervosité de l'interminable attente. Le premier relais est le plus long mais le deuxième est uniquement en montée, ce qui n'est pas forcément fait pour nous déranger puisque nous aimons grimper tous les deux ; par contre, les descentes nous attirent moins ; l'avenir nous dira si nous avons raison. Mardi 24 août 1er jour : 19,5 km / 12 km … Le réveil doit sonner à 6 heures (vive les vacances) : 5h45, nos co-locataires sont encore endormis, pas nous ! Sans même nous concerter, nous sommes debout. Au moins, sous la douche nous serons les premiers. Au menu du petit dej', Gatosport et café pour Valou, Spordej et thé pour moi, puisque je pars le deuxième. 7h30 briefing : Marielle aux commandes, nous écoutons les infos., celles que nous attendons avec impatience concernent la météo du jour : variable selon notre G.O préférée. Nous verrons bien. Premiers pas dans le Vercors pour tous les deux ; pour l'instant ce sont les photos qui nous ont fait rêver. Mais là, c'est pour de vrai, nous y sommes, départ dans 5 minutes, les coureurs en tenue et les copains qui partent plus tard en survet'. Long échauffement de ma coéquipière, c'est à dire 39 secondes ½ de footing, 2 étirements et elle est prête. Elle est comme ça, il faut toujours qu'elle en fasse trop… 8h30 départ de la place de La Chapelle en Vercors, la foule est au rendez-vous, 6 spectateurs en plus des coéquipiers, presque l'ambiance du tour de France ! Les fauves sont lâchés, l'allure est tranquille, ils ont 20 kilomètres pour s'échauffer. Et pour nous les coéquipiers, direction les navettes. Les navettes ? Oui les navettes ! C'est que c'est toute une organisation, le R.E.V. J'explique : 30 équipes de 2 personnes plus des bénévoles et le chien. Donc 30 traileurs qui courent et 30 autres qui se baladent dans des minibus (prêtés par la maison de l'Aventure) pour se rendre sur le lieu du relais. Une fois arrivé, nous enfilons nos tenues de sportif, nous nous sustentons (Je finis mon Gatosport), puis quelques minutes d'échauffement. Les organisateurs montrent du doigt le lieu de notre prochain relais. En bref, nous sommes tout en bas et il faut aller… tout la haut ! Le ciel est clair, même pas menaçant, tout va pour le mieux. Pardon, le ciel est gris et devient menaçant. Pardon, il tombe des trombes d'eau et nous nous réfugions sous le joli lavoir de la commune. Question des traileurs aux bénévoles autochtones : " Vous savez…, avec la montagne…" "Ben, ça peut durer longtemps…" "Et ils arrivent bientôt les premiers ?" Le premier, le voilà ; ça fait 2 heures de course et 30 minutes de grosses averses, inutile de vous dire qu'il est mouillé et, qu'à chaque pas, 3 litres d'eau sortent de ses chaussures. J'ai une pensée pour Valou qui n'aime pas, mais pas du tout, la pluie, et donc, je mets une tactique au point : elle me tape dans la main, je pars sans même croiser son regard ni lui demander comment elle va ! Je sais, c'est lâche, mais un homme, c'est lâche ! La tactique est au point, il faut maintenant attendre que ce soit mon tour, une dizaine de coureurs ont passés le relais et ma coéquipière arrive, première féminine, et en compagnie d'un autre concurrent ; il va falloir s'y habituer. Je sors de mon refuge, une tape dans la main et c'est partit :"tiens on dirait qu'elle souriait !". 12 bornes de montée, voilà ce qui m'attend, non pas seul, tout au moins au début, mais en compagnie du dossard 22, Alain. Un premier problème se pose et pas des moindres, en effet je ne vois plus rien : La pluie qui tombe et la chaleur que je dégage font que mes lunettes sont pleines de buée, je les retire et là, c'est le brouillard total. J’essaye de suivre Alain, parce qu'il n'y a pas que ma vue qui baisse, il y a mon rythme également. Les enchaînements cailloux, racines et ornières, je n'ai franchement pas l'habitude et, de plus, je m'aperçois au bout de 15 minutes que je suis partis trop vite. Sans m'en rendre compte. Pourtant j'aime bien, quand ça grimpe ! Mais la première montée a été faite en apnée totale, il peut aller se rhabiller Jacques Maillol, son record a été battu. Je n'ose regarder mon cardio, d'ailleurs, pas fou, je ne le fais pas, je ralentis le rythme, de toutes façons je ne peux pas faire autrement et cela fait quelques minutes que je ne suis plus dans les pas d’Alain ; par contre, je le vois encore de temps en temps. Tiens, il marche ? J'ai déjà vu ça en photos dans les magazines, sur certains trails c'est tellement pentu que les coureurs sont obligés de marcher, enfin ça c'est dans les Alpes, pas dans le Vercors ! Que nenni, dans le Vercors aussi ; surtout dans le Vercors devrais-je dire. Ah oui ! d'accord, je n'ai pas encore tout compris mais là ça commence à venir. Allez ! Mains sur les cuisses et on pousse, diverses pensées me traversent l'esprit : "On peut se faire greffer combien de poumons ?", "Prochaine étape, je remplace le camelback par une bombonne d'oxygène" etc. Surtout, surtout être vigilant par rapport au balisage, être attentif, ne pas hésiter à perdre quelques secondes pour valider la direction à prendre, tels sont les conseils que je me répète sans cesse et, à chaque rubalise, c'est un "ouf !" de soulagement. Le relief est moindre (je n'ai pas dis que c'était plat), le rythme de ma foulée s'accélère, pardon je rectifies, il est moins lent, je ne vois toujours rien et chaque pas est une aventure. Je sors de la partie boisée et là… franchement c'est beau ! D'un seul coup, un grand panorama, une impression réelle d'immensité, de grandes falaises et, plus bas, le vert des arbres : Je le savais déjà, mais c'est pour ça que nous sommes là. Une pose et il faut repartir ; la pluie tombe de plus belle et rien pour se protéger, un courageux bénévole sort de sa camionnette pour me montrer le chemin, les conditions météo sont apocalyptiques, un mot aimable à ce monsieur, je ne suis même pas sûr qu'il l'ait entendu. Devant moi ; à 2 ou 3 minutes, j'aperçois une silhouette qui court, la première depuis la fuite d'Alain. Qui est-ce ? Je suis bien incapable de le dire, je distingue ; pour moi et dans ces conditions, c'est beaucoup. Me voilà au bout de cette longue ligne droite, la charmante Anne-Sophie (qui elle, ne court pas) m'oriente à son tour. Je reconnais que je ne saurai dire qui était le monsieur qui m'a ouvert la route quelques minutes plus tôt, mais Anne-Sophie… ! Courageuse sous le déluge qui continue de s'abattre sur le R.E.V, elle me crie "Encore 3 kilomètres !" ; je ne mets pas en doute les infos de cette demoiselle, mais j'ai appris - comme tout le monde - à me méfier des distances données par les signaleurs. Donc prudence. Je reviens progressivement sur ce qui était une silhouette et maintenant il s'agit d'un corps avec deux bras et deux jambes ; inutile de préciser que, pour voir tout ça, je suis très prés de Mary, puisque c'est d'elle dont il s'agit ; Ensuite, nous croisons des cavaliers peu émérites et ce n'est pas leur faire injure de dire que, visiblement, ils n'apprécient que très moyennement leur escapade équestre sous la pluie. "Alors heureux ?" J'ai l'impression qu'ils n'aiment pas mon humour ; Maintenant, je suis aux côtés de Marie et cela me rassure, d’abord parce que je ne suis plus tout seul, ensuite parce que j'ai au moins rattrapé quelqu'un ! Cette étape a été l'occasion de faire sourire Marie, toujours à cause de ma vue défaillante : en face de barrières à vaches, me sentant désœuvré, je prends appui et les enjambe ; il paraît qu'il y avait un gros loquet à chaque barrière … L'arrivée de ma première étape est proche ; dans un brouillard terrible, je passe le relais à ma coéquipière qui me lance un sonore et enthousiaste "Allez Greg !". Avec ces conditions météo j'avais quelques doutes sur son moral. Il est excellent, comme toujours. Me voilà rassuré ! Mary arrive quelques secondes après moi, passe le relais à Max, son coéquipier, qui part immédiatement et… une minute après, Marielle nous annonce que l’étape est neutralisée ! Max et Valou sont donc partis pour rien ; le prochain PC les stoppera, environ 7 kilomètres en plus pour les 10 ou 12 premiers, mais ce n’est pas grave (ce n’est pas moi qui courre). Il est plus raisonnable de stopper la course.,Le plaisir avant tout ! Mais dans des conditions de sécurités réelles. La course s’arrête et une autre aventure commence pour ceux qui ont le privilège de voyager dans le minibus conduit, pardon, piloté par Marielle. Dans le Vercors, nul besoin d’attraction foraine, de « Space Mountain » ou de grand huit, Marielle fait son show, frissons garantis. Je n’ai pas eu la chance de courir aux côtés de notre organisatrice, mais si elle a le même sens des trajectoires à pied qu’au volant, ça doit être quelque chose ! La pluie battante ne calme pas ses ardeurs et, peu à peu, à l’arrière du véhicule les regards se croisent, notre confiance est toujours présente mais la peur aussi. Déjà !…Nous voilà arrivé à Fond d’Urle, lieu où nous retrouvons nos coéquipiers partis quelques kilomètres plus tôt puis stoppés dans leur progression pour d’évidentes raisons de sécurité. Et ce n’est pas Valou qui le regrettera : perdue dans un épais brouillard, elle s’est retrouvée à quelques centimètres à peine d’un précipice, puis revenant sur ses pas elle a rattrapé Max, avec un grand soulagement, pour finit la demi-étape ensemble. Le premier, courant trop vite, n’a pu être stoppé qu’une fois la portion effectuée dans sa totalité… Il n’y a pas que des avantages à aller vite ! Retour à La Chapelle en Vercors en minibus, forcément rapide, merci Marielle ! Un rapide point sur cette étape : 1ère liaison de 19,5 kilomètres, selon l'organisation, 25 kilomètres selon la montre GPS d'un coureur et selon les jambes des autres concurrents. Quelques problèmes d'orientation sur cette même portion, à cause du temps pourri et - un peu - le balisage. En tout cas, dès le départ cela nous donne une idée de ce qui nous attend durant la semaine : grosses montées et vertigineuses descentes en perspective ; un trail quoi ! 2ème liaison : Etape nocturne pour moi ; il me semblait qu'elle était prévue pour plus tard dans la semaine, mais bon ! Entre la pluie, le brouillard, la buée sur mes lunettes et ma vue défaillante au naturel, je n'ai que très peu apprécié le paysage., Il paraît que c'est très beau le Vercors, ah bon ? Si vous le dites ! Sinon, il ne faut pas faire ce que j'ai fait, c'est à dire partir un peu trop vite. Ne pas hésiter à marcher quand le relief l'exige. Sur le programme, il était notifié 12 kilomètres de montée et c'était vrai, un vague faux plat montant et pas l'ombre d'une descente. Enfin une 3ème liaison pour quelques coureurs seulement, logiquement interrompue. Une décision qui n'a pas été facile à prendre pour les organisateurs, une frustration parfaitement compréhensible, lorsque l'on travaille depuis de longs mois sur un projet et, qu'en plus, cela arrive dès le premier jour. A noter que Valou a couru aujourd'hui environ 3h15 et, d'ordinaire, ses sorties les plus longues font 45 minutes ! Retour direct à la maison de l'aventure, sans passer par la case "kiné" ; nous aurons largement le temps de côtoyer ces braves gens plus tard… La douche fait du bien, je n'ai pas trop mal aux jambes malgré les 12 bornes de montée. Ce n'est que le premier jour. Un peu plus de douleurs pour Valou, logique puisque plus de 30 kilomètres au compteur aujourd'hui. Pour l'occasion, me voilà devenu kiné, très compétent (à mon avis et que je partage), en tout cas, pas de plainte concernant ma prestation. Vraiment pas dur comme métier kiné, dire qu'il faut faire des études pour ça ! L'heure de l'apéro-briefing a sonné, surtout l'heure de l'apéro d'ailleurs. Même si la question n'angoisse pas grand monde, peut-être une minuscule poignée (2, pas beaucoup plus…), y aura t-il un classement aujourd'hui ? Oui, non, oui, cela dépend. Marielle ne sait trop quoi répondre et pour tout vous dire, un grand nombre à l'air de s'en moquer, tout comme Valou et moi en tout cas. Compétiteurs nous sommes, c'est sûr, et nous nous laisserons logiquement prendre au jeu, mais ce n'est pas la raison de notre présence ici. Sans vouloir nous la jouer, cet état d'esprit, je le répète à nouveau, n'est pas celui de la majorité des participants à cette épreuve. Un petit briefing qui donne l'occasion à l’équipe médicale excellente (si, si) et au complet de se présenter parce qu'en plus des indispensables kinés, il y a deux podologues et une psychologue du sport. L'opportunité de découvrir la relaxation avec Emilie (également podologue) et de revoir, en compagnie de Julie, nos bases (oubliées) de stretching. Alors, en fait, nous avons découvert à quoi servait la relaxation et la psychologie du sport : à se détendre et oublier que les kinés et les podologues vont se défoulent sur nos corps. Croyez moi, y'a du boulot et c’est pas facile d'oublier leur présence quand ils nous touchent et même quand ils ne nous touchent pas, d'ailleurs ! Je fais, ici, référence à leur bonne humeur contagieuse. L'apéro à peine terminé, arrive le repas. Copieux à souhait (surtout si vous aimez les crudités) et adapté aux sportifs. C'est, évidemment et surtout, l'occasion de refaire l'étape du jour avec son lot d'anecdotes : inutile de vous dire, même si cela fait à peine 2 jours que nous nous connaissons, que les vannes fusent dans tous les sens. Le menu est vraiment bien, et si je ne surveille pas l'assiette de Valou, c’est son verre que je surveille. Jamais vide, il serait naïf de croire que son hygiène de vie la prive d'alcool, loin de là…Je ne crains pas, lors de notre séjour, une toujours regrettable déshydratation mais plutôt l’installation d’une cirrhose ! Rassurez-vous, là aussi, elle sait gérer. On n'est là pour le plaisir, puisque je vous le dis ! Préparation des tenues, victuailles et diverses affaires pour la prochaine étape. Bonne nuit et à demain. Mercredi 25 août 2ème jour : 8,5 kms / 10,5 kms / 8,5 kms / 12 kms : 5h45, toujours les premiers debout…sans réveil. Cependant, la nuit a été bonne et contrairement à la veille, il en est de même pour (presque) tout le monde. Re-Gatosport pour Valou et re-spordej pour moi ; l'ordre des départs n'a pas changé pour notre équipe, Valou fait les étapes 1 et 3 (2 fois 8,5 km) et je fais les étapes 2 et 4 (10,5 et 12 km). Juste ré-équilibrage puisque Valou a beaucoup plus couru que moi hier. Certes, elle court plus vite, mais il faut aussi qu'elle se préserve. 5 jours, c'est long. Direction Saint Julien en Vercors, toujours en minibus, mais pour nous ce ne sera pas avec Marielle, il faut savoir partager les privilèges, place aux autres… Il fait un peu frisquet mais le soleil est là. Record d'échauffement battu pour ma coéquipière, 27 secondes et elle est prête. Le départ est donné pour une liaison de 8,5 km dont 98 % de montée. Selon Marielle, la fin est roulante. Alors, une explication s'impose: Revenons sur le mot "roulant" pour notre organisatrice. Après 5 jours de course, voici en toute objectivité (nous y tenons) la définition du mot "roulant" pour Marielle. Cela veut dire que l'on a pas besoin de ses mains, ni de cordes et de baudriers pour avancer ! Fallait-il encore le savoir ! Donc, une première portion de grosse montée éreintante. Quelques minutes de trottinage, quelques étirements (si, si !) et me voilà prêt à en découdre avec ma liaison. Valou arrive en compagnie de Martine (beaucoup de choses à dire à son sujet …magnifique Martine) ce qui n'est pas une mince performance. Je pars donc en compagnie de Roger, le coéquipier de Martine (juste une ligne de son palmarès pour que vous puissiez le situer : il est recordman du monde V3 sur…100 bornes ! Et ce n'est pas lui faire insulte de dire son âge, il a 68 ans. Un peu plus de 1 kilomètres de chemin roulant, vraiment roulant…Et la première vraie descente de ma vie en trail ; à peine celle-ci entamée, je me fais doubler par un premier concurrent. Il n'y a pas photo, je ne peux vraiment pas le suivre ; il vole quand je ralentis et saute quand je freine. OK ! C'est pas grave, inutile de prendre des risques, c'est suffisamment difficile comme ça. La descente terminée, finalement je ne me suis fais déposé que par 2 coureurs (Merci Valou pour l'avance que tu me laisses à chaque fois) il faut entamer une partie moins délicate à gérer…sur le papier. A en croire le profil du parcours sur le plan, certes ce n'est pas du gâteau mais ça passe bien. Il va falloir penser la prochaine fois à interpréter le profil des liaisons d'une autre manière. Nous étions quelques-uns à reconnaître avoir été surpris. Devant moi, sur une portion descendante et dégagée, j'aperçois 3 silhouettes et je me promets de ne pas faire l'effort de revenir, mon retard sur elles et quand même conséquent. Une partie montante me permet de revenir progressivement sur ces coureurs aperçus un peu plus tôt et pour vous donner une idée du dénivelé, je double 2 vététistes, chacun avec un gros sac sur le dos, qui poussent leur destrier et s'arrêtent tous les 10 mètres pour reprendre leur respiration. Oui, ça grimpe ! La partie boisée terminée, 2 coureurs sont en vue, une partie plate sur un chemin, une montée sur le bitume, un peu de chemin et la descente sur La Chapelle pour passer le relais. On ne se refait pas, je ne peux m'empêcher de faire l'effort pour revenir sur Anne, la doubler et passer le relais à Valou devant nos co-locataires, histoire de la rassurer sur mes capacités à courir. Heureusement, la suite n'a pas été filmée Assis par terre (allongé peut être ?), je reprends mes esprits, doucement. Je reconnais que j'ai dû accélérer quelque peu mon allure sur la fin pour revenir sur Anne et, pendant l'effort, je n'ai pas trop ressenti la machine, mais là…. ! A peine arrivé et déjà repartis, en navette cette fois-ci, toujours en reprenant ma respiration, je bois et m'alimente pendant le trajet jusqu'au prochain relais. Assis à mes côtés, Anne me raconte son étape. Ses propos ne sont qu'à moitié rassurant : "J'ai tout fais à bloc, je ne fais qu'une étape aujourd'hui". Un bon point pour moi, puisque j'ai géré mon étape et que je l'ai rattrapé. La suite de ses propos me rassurent déjà moins : "Heureusement que je ne repars pas" Ah oui, c'est vrai ça, moi je repars ! "Parce qu'il paraît que la dernière section est vraiment difficile" Le Gatosport passe moins bien, d'un seul coup et j'ai besoin de boire, là. 10 minutes après être sortis de la navette, il faut repartir. A peine le temps d'enfiler des vêtements secs, de s'échauffer à nouveau, de remplir le camelback et Valou me tape dans la main, un mot sympa, toujours son beau sourire aux lèvres et ça, croyez moi, ça donne des forces. Tant mieux, je vais en avoir besoin, parce que là, j'ai mal aux pattes et je pars dans l'inconnu. Une belle montée technique pour commencer, une vingtaine de minutes selon Eric (le futur vainqueur). Je compte y passer un peu plus de 25 minutes mais je bascule en haut en moins de 20 minutes. Ah ! Finalement je ne dois pas être si mauvais. Mais loin de moi l'idée d'avoir le niveau des premiers. Maintenant, au programme, une longue descente technique ; parfois je suis obligé de marcher, les pierres roulent sous mes pieds et certaines viennent heurter mon talon d'Achille ; Que du bonheur pour un descendeur expérimenté comme moi ! La descente est terminée et, si j'ai, lors de la première section de la journée, effectué ma première vraie descente trail, je vais maintenant faire ma première vraie montée trail, c'est à dire en marchant. Mais, au moment où mes premières foulées entament le dénivelé positif, je l'ignore encore…Autant hier le temps n'était pas au beau fixe, autant aujourd'hui le soleil tape et à la vitesse où je grimpe, j'ai tout le loisir, en me retournant, d'apprécier le magnifique paysage. Nous sommes à ciel ouvert, de grandes parois rocheuses nous entourent et devant nous un vide immense et une vue imprenable. C'est beau, mais put…, que c'est dur ! Je rattrape un couple de randonneurs, un sourire entendu partagé, une phrase "rassurez-moi, les autres aussi marchaient ?", "Oui, oui", Ah quand même, les premiers aussi marchent, c'est toujours aussi difficile, mais ça rassure. A chaque virage c'est le sommet, non ce n'est pas encore le sommet, il faut continuer, se concentrer, avoir des pensées positives. C'est bon, c'est fait je suis en haut, la forêt et une longue descente jusqu'à l'arrivée me tend les bras. Pour la longue descente, il va falloir patienter un peu. Pour le moment, c'est une succession de montées et de descentes, certes sur un sol agréable, mais ça commence à faire beaucoup ! Ce qui m'a le plus surpris, aujourd'hui, sur ce premier trail, c'est cette difficulté à enchaîner les descentes et les montées, tant au niveau du rythme qu'au niveau musculaire ; ça rappelle un peu la transition vélo/course à pied en triathlon, sauf que ça dure plus longtemps. Justement, au niveau musculaire, parlons-en, je commence à tétaniser, je ne peux que très peu m'assouplir, à chaque mouvement c'est le risque de crampes. Pourtant, je me suis bien hydraté, bien alimenté (notamment avec les gels anti-crampes de chez Overstim's). Par contre, rien ne peut remplacer l'entraînement sur ce format de course. Il y a aussi le fait de s'arrêter et de reprendre son relais ; ce n'est pas forcément étranger à mes soucis. Tout cela à méditer pour la suite ! Késako ? Je stoppe ma foulée aérienne, un enfant en pleurs débouche du chemin sur la droite. " Eh ben ! Qu'est qui t'arrives ?" " J'ai perdu mes parents ?" en sanglots dans le texte " Oui !" Toujours en sanglots évidemment, ça se calme pas comme ça un gosse perdu dans la forêt ! Je vous épargne les détails (ton nom ? Ton age ? T'es en vacances ? Où ça ?) Je rassure cet enfant comme je peux, j'ai le sentiment qu'il n'a pas compris la chance qu'il avait de me croiser ! A ce moment là, j'ai l'impression d'être dans la peau d'un Nono ou d'un Jieff, mais pourquoi moi ? ? 30 coureurs qui empruntent le même chemin et c'est sur moi que ça tombe ! Je sais, c'est égoïste comme réaction, mais il faut se remettre dans le contexte, je ne suis pas en train de faire une balade dominicale en forêt avec ma femme et mon chien, je cours, j'ai mal et il me tarde d'arriver. J'avoue, j'ai regardé le chrono quand je me suis arrêté ! Evidemment je ne vais pas fuir devant cette responsabilité, il est trop tard, il pourrait donner mon signalement aux gendarmes et "non assistance à enfant en danger" ça peut aller loin ! Et là devant nous, un couple de randonneurs (par ceux que j'ai rattrapé tout à l'heure) " C'est pas eux" Toujours en larmes ! Bon d'accord, je vais voir ces aimables personnes, parlant le Français j'espère ! Non, parce que dans ces moments là, tout est possible. J'imagine déjà le couple d'Ukrainiens perdu lui aussi ! Ils sont Français c'est déjà ça (pour Nono et Jieff, ils étaient Estoniens, c'est sûr) " Je vous explique : Cet enfant n'est pas le mien et il est perdu, il a 8 ans, moi je fais une course, j'ai des crampes, puis-je vous laisser la garde de cet enfant ?" "Oui, oui ! Sans problèmes nous ferons le nécessaire" Ils sont bien compréhensifs ces gens ; de toutes façons avaient-ils le choix ? D'un coté, j'hésite, ils ont l'air sympas mais ça ne fait pas tout, je ne veux pas ouvrir la presse demain en lisant " Un enfant retrouvé mort à Saint Julien en Vercors" Bon,… j'y vais !… J'ai des scrupules, mais je repars. Aie, aie, aie ! Mes jambes ! Je sentais bien que ça durcissait, alors je me masse en courant dans une descente assez roulante (à mon sens), et le dossard 30 me rattrape ; il aurait pas pu me rattraper quelques minutes plus tôt, lui ?! Il me demande si j'ai besoin de quelque chose : " Oui, j'ai besoin d'arriver !" "Alors, j'peux pas faire grand chose pour toi ! Allez, courage !" N'empêche, c'est sympa, je découvre là un type qui, en compétition, te double en te demandant si tu as besoin de quelque chose, Eh bien, à part si c'est un pote, c'est pas courant. Apparemment, sans vouloir enjoliver les choses, dans le trail c'est fréquent. Malgré cela, en cet instant je n'apprécie que modérément cette nouvelle discipline. Seul 2 coureurs m'ont rejoint, c'est pas mal ! C'est vrai que je n'ai rattrapé personne, mais vu l'état dans lequel je suis, je me console comme je peux. L'arche d'arrivée est là, Valou aussi, avec l'appareil photos, ça monte mais je cours, j'ai mon orgueil ! Quelques secondes plus tard, je suis allongé sur le sol de la salle des fêtes, les bras en croix, j'ai l'impression que tout le monde me regarde, bref la honte ! Valou est aux petits soins pour moi, elle me dit de manger et de boire mais j'ai pas envie ! Je mange et je bois quand même car elle sait être persuasive et, en plus, elle a raison ! Je discute un peu, mes muscles continuent de me tirailler, j'essaye de rester discret, ce n'est pas facile, je me fais chambrer, c'est de bonne guerre. J’attends le moment où je pourrais m'allonger sur la table des kinés. Voilà ! Mais c'est trop tard, la crampe est là, une grosse boule sur ma cuisse. Gentiment Benoît fait ce qu'il peut, mais le sketch n'est pas terminé : pendant qu'il me masse pour faire passer ma crampe, je reste contracté et je me bloque le dos. Si, si, c'est vrai ! Je suis obligé de lui dire de laisser tomber la crampe, qui certes est moins présente mais aurait encore eue besoin d'un peu de manipulations et je n'ai qu'une envie, fuir et aller me cacher ; ça tombe bien, une navette part à La Chapelle en Vercors et, même si c'est avec Marielle, je pars ; ce n'est pas elle ? Tant pis ! Au moins, j'aurais pu penser à autre chose pendant le trajet. Je suis vraiment désolé que Valou ait assisté à ce triste spectacle. Ah oui ! Valou au fait ! Elle aussi elle court, je ne sais même pas si je lui ai demandé comment elle allait. Moyen ? ça va moyen ! Une douleur à la hanche et une au genou, elle boite, elle a mal et elle est inquiète. Il faut qu'elle voit l'ostéo de l'équipe médicale. Arrivée à la Chapelle, direction la deuxième partie de l'équipe médicale restée là bas. Il y a du monde qui attend, plutôt logique vu l'étape d'aujourd'hui, cela laisse le temps d'aller prendre une douche. Ca fait du bien, mais pas suffisamment pour faire disparaître nos douleurs et nos doutes pour la suite du R.E.V. En ce qui me concerne, même si j'ai vraiment mal, il ne s'agit que de courbatures, mais pour Valou c'est un peu plus complexe. Attendons le diagnostic d’Hervé. Quelques manipulations plus tard sur son beau corps meurtri, ça ne va pas beaucoup mieux. 48 heures de repos, tel est le conseil avisé de notre kiné et ça tombe plutôt bien, demain c'est la GROSSE étape de 40 bornes avec l'équipe au complet, évidemment. Nous avons beau nous rassurer mutuellement, les doutes concernant nos capacités à repartir, frais et demain, persistent. Nous ne nous laissons pas abattre pour autant ; l'ambiance est bonne, le moral présent : quand même heureux d'être là ! Bilan de la journée : Le trail c'est duraille, le triathlon c'est bidon ! Alain (Dedieu) n'hésite pas à chambrer les triathlétes que nous sommes, et il a raison. Nous sommes arrivés humbles… et nous avons bien fait. A ce jour, exit le beau palmarès de Valou et mes Embrun, Cublize ou autres courses, la souffrance physique est là. Relativisons, nous ne sommes pas (encore) non plus à l'article de la mort et la nuit va nous faire du bien (méthode Coué ?) Lors du repas, nos nouveaux ami(e)s nous rassurent, certain(e)s néanmoins font part de leur craintes concernant l'étape de demain. L'ambiance est au rendez-vous, les vannes pleuvent et chacun raconte sa journée, ses blessures et ses anecdotes. Une dernière chose avant d'aller se coucher : 2 jours de course seulement et les pieds blessés de quelques coureurs font peur à voir. Valou à bien quelques ampoules qui ne la font pas trop souffrir mais de mon côté c'est nickel. Nous avons bien fait d’écouter ceux qui nous avaient conseillé un massage des pieds à la crème NOK, 3 semaines avant l'épreuve et cela tous les jours. Avis aux amateurs ! Il faut aller se coucher, pour les J.O, on lira l'Equipe. Les marches d’escaliers sont plus hautes qu'hier, mon lit superposé aussi ! A demain. Jeudi 26 août 3ème jour : 40 km ? 5H45, premiers à la douche ! Comme d'hab'. Il a plu toute la nuit, il pleut encore, le jour ne s'est pas encore levé, la journée ne promet pas grand chose de bon. Pour la première fois, l'ambiance au petit déjeuner est presque silencieuse. cela rappelle un peu le matin d'un Ironman, moins solennelle toutefois. Un thé et la moitié plutôt que le tiers habituel de Gatosport car l'étape va être longue. D'après certaines prévisions, il faut compter sur une étape de 6 heures environ. Valou souffre toujours de sa hanche et de son genou, c'est à peine mieux que la veille et moi j'ai de grosses, grosses courbatures, comme après un semi couru à fond ; sauf que le lendemain d’un semi, je me repose, je ne pars pas faire 40 bornes dans la montagne… 7h15 : Nos sacs sont prêts, nous aussi. Daniel, le créateur et ancien organisateur du R.E.V, aujourd'hui coureur, passe dans les chambres pour nous dire que l'étape d'aujourd'hui est reportée à demain. L'étape de demain, qui devait se dérouler de nuit, aura lieu cet après-midi, donc de jour (enfin, si c'est comme le 1er jour, pour moi ce sera en nocturne !). 7h30 : Marielle annonce officiellement le bouleversement du programme. Mieux vaut se taper 15 bornes de montées ou de descentes (selon le relayeur) sous la pluie, à des altitudes respectables, plutôt que l'escalade du Grand Veymont dans le brouillard et sous des trombes d'eau. Donc, au programme, départ de l'étape à 15 heures cet après-midi avec un premier relayeur qui monte pendant 15 kilomètres puis son coéquipier fait le même chemin, mais en sens inverse. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, ce n'est pas forcément la descente qui est la plus courtisée ; il faut prendre appui, les muscles sont douloureux, les articulations et les chevilles trinquent. Pour nous c'est simple, la chose est entendue, Valou prendrait des risques pour sa hanche et son genou en descendant, elle grimpe bien, donc elle monte et je descends. En attendant, c'est quartier libre et si ça nous tente, à 10 heures en compagnie de Julie et Emilie, c'est stretching et relaxation. Nous y sommes, ça ne peut pas faire de mal, c'est sympa, l'ambiance est presque puérile, on se marre. Je ne fais pas partie des plus souples, je le savais, mais j'ai de la concurrence ; Valou fait sa frimeuse, elle fait ce qu'elle veut, elle est toute molle de partout, c'est trop injuste. Repas du midi :Devinez quoi ? Gatosport bien sûr ! 15h00 : Le départ est donné pour ceux qui montent. Nous prenons la navette pour les rejoindre. Le temps n'est pas trop mauvais, un peu de pluie et un peu de soleil en alternance, mieux que cette nuit et que ce matin en tout cas. J'ai toujours mal aux jambes et je ne sais comment je vais faire pour descendre, mais je n'ai pas le choix. Normalement c'est roulant, puisque c'était l'étape de nuit. Marielle me l'avait confirmé au téléphone quelques semaines plus tôt quand je l'avais appelé au sujet de l'éclairage à prévoir. L'échauffement terminé, je suis quelque peu rassuré mais pas trop quand même. Le premier arrive à fond, à fond, à fond, il bave, j'entends des voix autour de moi qui disent : " Jamais je ne mettrai dans cet état là !" C'est vrai que ça fait peur ! Les coureurs arrivent les uns après les autres, 20 kilomètres de montée (et non pas 15) ça ne forme pas beaucoup de peloton… Valou arrive, première féminine, je pars avec appréhension, la descente à pied c'est pas mon truc et, je vous l'ai dis mais je le répète, j'ai vraiment mal aux jambes. La descente commence par une route bitumée sur 1 kilomètre environ, puis on tourne à gauche sur le chemin et on suit le balisage. Un peu plus loin, une petite montée bien raide et boueuse à souhait, mais "Tiens ? Pas de traces de coureurs ; dans la boue c'est bizarre" Je monte la bosse, finalement pas si petite, je n'avais pas vu la suite après le virage, et tout en haut toujours pas de traces et plus de balisage ; j'hésite et je redescends. Je devrais croiser des coureurs puisque que Valou m'a passé le relais avec 1 ou 2 minutes maxi sur celui qui me suit. Personne ! En bas de la descente que je viens de monter le balisage est là et il est clair, il faut monter ; je remonte… et redescend. Et là, Christian (organisateur du marathon de Cheverny) arrive et commence à emprunter le même chemin que celui que je viens de faire. -" C'est pas par là" lui dis-je ! -" Si, si, moi je monte et toi tu descends" -" Je te promets que ce n'est pas le bon chemin, j'ai pris le départ il y a quelques minutes et c'est sûr, ce n'est pas par là" -" un quart d'heure que je tourne, je me suis perdu" -" Ben, dans ce cas là, moi aussi !" Nous reprenons la piste en sens inverse avec quelques doutes, surtout que Christian n'a pas fini son étape et que je viens d'entamer la mienne ; nous sommes censés nous croiser et non pas aller dans la même direction. Au bout de 2 kilomètres environ, nous arrivons sur le bon tracé et nous voyons arriver Max qui nous remet dans le droit chemin. Christian part dans la direction opposée et, de mon coté, je prends les pas de Max. D'après nos chronos, et les calculs de Max, j'ai perdu 24 minutes ; si tel est le cas, je suis déçu et frustré pour Valou qui, malgré sa douleur, a bien couru. Je gâche le travail mais c'est la course, je sais (espère ?) qu'elle ne m'en voudra pas, mais quand même c'est frustrant. Le dénivelé est positif pour le moment, je cours devant Max, pas pour très longtemps car la pente s'inverse et en l'espace de quelques secondes Max reste un souvenir. Je ne le reverrai plus avant l'apéro. J'ai perdu du temps, ce qui me donne l'occasion de doubler, en tout, 3 concurrents, ce qui ne m'était pas encore arrivé à cause de Valou qui court trop vite. Je vous épargne les parties roulantes selon Marielle et je me dis que je suis bien heureux de la faire de jour cette étape, moi. Pour le reste de l'étape R.A.S (si, si, ça m'arrive) mais il n'y avait pas que de la descente, ce qui n'était pas fait pour me désavantager. L'étape est terminée, Valou est déjà informé de mon "plantage", elle me dit que ce n'est pas grave, ça va mieux, son sourire me rassure. -"Et ta hanche ? Ton genou ?" -"Un peu mal, mais ça va" -"Et tes jambes ?" -"Un peu mal, mais ça va" Conclusion : Dans l'ensemble, ça va bien, nous sommes toujours heureux d'être là ! Valou a été massée, la douche et un massage m’attendent et ne pourront m’être qu’agréable. L'atmosphère de la salle de soins (la scène du cinéma de La Chapelle !) est à la (très) bonne humeur, bien entendu je me fais allégrement charrier ; je ne suis pas en reste pour autant, puisque je me mets l'équipe médicale à dos. Hervé se réserve le droit de me masser demain, il clame haut et fort que je serai son jouet…Quelques spécimens de pieds sont vraiment à découvrir. Que du bonheur ! Je pense principalement à Evelyne qui a droit chaque soir à un véritable supplice et aussi à Vincent qui en plus se permet de "vanner" son podologue. Nous apprenons un peu plus tard, que Christian et moi avons suivi un balisage (donc il y en avait bien un) qui était celui de l'étape de l'avant-veille, les organisateurs n'ayant pas encore tout enlevé. Cela ne change pas grand-chose, mais nous rassure et crédibilise un peu notre déroute. Cependant, nous restons lucides, nous étions 60 et 2 seulement se sont trompés… Courage, demain c'est le grand jour. Le beau temps nous a été promis. Apéro/Briefing, puis repas. A demain. Vendredi 27 août 4ème étape : 40 km, cette fois-ci, c'es la bonne Un grand classique, l'horaire de la douche n'a pas changé et, le menu du petit déjeuner non plus. Vérification du contenu de nos camelback, à boire, à manger (des gels, des sandwichs jambon gruyère, des gâteaux apéros, du chocolat aux noisettes , des barres de céréales), une veste pour la pluie et le nécessaire de survie (couverture, couteau, sifflet, fil, aiguille…) Une paire de chaussette de rechange et une pensée pour Hubert : ‘’mais ou est la caravane ?’’ 7h30 briefing, consignes de prudence et bonne chance sont à l'ordre du jour. Et avant de partir les classements, au scratch et par catégories. C'est vrai, on n'avait pas l'habitude des classements, tout le monde regarde le sien, certain(e)s celui des autres, c'est bien, ça évite de calculer, il y a des gens qui le font pour nous (je ne parle pas, là, des organisateurs…) 8h00 : Nous sommes dans le bus en direction de Vassieux et, au programme, la traversée du parc naturel du Vercors, non pas en bus mais à pied. 8h30 : Arrivé sur notre lieu de départ, nous rentrons dans un bar/restaurant qui ne nous attend pas forcément avec joie quand on voit la façon avec laquelle la patronne (je crois) balance mes affaires restées sur une table pendant que je me passais de la pommade chauffante. Le pot de crème tourne de mains en mains, certains essayent pour la première fois. NB :; pour les garçons, ne pas aller faire pipi sans s'être lavé les mains avant !! ! ! ! A moins que vous envisagiez un départ canon ! 9h00 : Le départ est donné sous forme de compte à rebours, l'ambiance est joyeuse, c'est partit. D'entrée une belle montée puis au bout de 100 mètres, à ma grande surprise, plus personne ne court, pas même les meilleurs. Pourtant, on peut courir sur cette portion de la course, je m’y suis échauffé tranquillement en courant, pas vite, mais en courant. Bon ! Je fais comme tout le monde, je marche et, devant, à droite, à gauche, derrière, tout le monde marche ; je reste dubitatif, mais puisque tout le monde le fait, tel un mouton, je suis le mouvement. C'est sûr, après le virage, je comprends pourquoi nous marchions. On continue d'avancer en petit peloton, un peu en courant, beaucoup en marchant, je ne me sens pas super bien, drôles de sensations, l'appréhension peut être. Je n'ai pas envie de parler et certaines (une, en fait) voix m'énervent, bref c'est pas le top. Je ne dis rien à Valou, lui demande juste comment vont sa hanche et son genou. "Bof". Tout ne va pas pour le mieux pour l’un et pour l’autre, nous le cachons comme nous le pouvons, nous venons à peine de partir. Le fait de marcher et courir en petits groupes aide nos esprits à ne pas trop se focaliser sur nos douleurs et nos doutes divers et variés. Quelques-uns piquent des sprints pour prendre de l’avance et ainsi photographier ces petits groupes ainsi formés. L’ambiance est bonne et cela nous stimule. Dans notre petit groupe, nous retrouvons notamment nos deux copines chamois alpines (elles sont de l’Alpe d’Huez), Sylvaine et Sandrine. La première citée se plaint gentiment de sa compagne qui est partit comme un avion et qui lui répond « ça passe ou ça casse, on verra bien ! » C’est une réelle surprise de les retrouver à nos cotés et elles ne m’en voudront pas si je dis que, d’habitude, elles sont un peu derrière nous. Nous ne sommes pas au bout de nos surprises avec ces deux acolytes. Déjà dans les rares descentes de ce début de parcours, Sandrine me fait forte impression., Je ne suis peut-être pas une référence dans la matière, mais j’ai du mal à suivre. Mais Sylvaine, qui continue de rouspéter encore un peu, est toujours là ! C’est Alain qui nous fait remarquer la présence de marmottes à seulement quelques mètres de nous, forcément proche puisque j’arrive à les voir. Vraiment agréable de voir ces marmottes qui n’ont pas l’air effrayées et, avec les superbes paysages qui nous entourent, ça fait vraiment carte postale. Sauf que ce n’est pas une carte postale, c’est pour de vrai et on a bien mérité tout ce que nous voyons. Certain diront que ça n’a pas le charme d’une serviette de bain posée sur une plage bondée du Sud de la France… Ah ! c’est vrai qu’avec une bonne partie de pétanque le soir au camping… ! -« Vous voyez le Grand Veymont ?…C’est ça ! » Je vous promets, au moment ou Alain a dit ça, j’ai préféré ne pas lever la tête, je saurai bien assez tôt ce qu’est le Grand Veymont dont on nous parle tant et, faites moi confiance, on va avoir le temps de l’apprécier, le Grand Veymont. Nous continuons de gambader dans les sentiers, parfois en pleine prairies, les paysages sont à la hauteur des efforts fournis. Et enfin nous sommes au pied du Grand Veymont. Si je m’étais trouvé seul à cet endroit, je n’aurai pas trouvé le chemin, et pour cause… il n’y en a pas. Il s’agit d’une succession de rochers à monter, parfois avec l’aide des mains pour s’accrocher. On monte en faisant de petits virages pour minimiser le relief, on pousse et on souffle, on pousse et on souffre ! L’ambiance est déjà un peu moins à la rigolade, on sent un peu de tension, mais la cohésion existe toujours, on s’encourage. Patrice craint le vertige, pas de blagues déplacés, on respecte sa crainte. Moi ça va pas ! C’est long, j’ai mal aux jambes et je pense à la descente qui est difficile d’après les dires des habitués. Valou n’est pas au mieux non plus et, quand je l’interroge du bout des lèvres sur ses douleurs, elle fait comme moi, elle essaye de cacher. Inutile d’inquiéter l’autre. Nous l’avouerons seulement une fois la ligne d’arrivée franchie, nous n’étions pas bien au même moment. Nous sommes au sommet, ceux qui connaissent les lieux ne feront pas le détour pour voir le paysage, nous si, on point ou on en est, autant avoir la satisfaction d’admirer le Vercors de son plus haut sommet. Maintenant la descente, en compagnie de Mary qui connaît les lieux et nous conseille, nous sommes tout ouïe, la vitesse, les trajectoires, les appuis, c’est elle qui donne le rythme et nous rassure, merci Mary. Je précise que nous ne courons pas, nous marchons, pourtant il s’agit d’une descente et nous ne sommes pas encore dans la partie la plus technique. Quelques minutes plus tard Max revient sur nous, tout comme Mary il connaît les lieux et c’est un bon descendeur. Nous prenons quelques mètres d’avance sur nos compagnons, hésitons sur le choix d’une trajectoire à prendre, nous sommes dans les rochers à ce moment, Max nous oriente, parce que franchement nos ne savons où aller. Deux minutes plus tard, nous entendons Max nous appeler, nous levons la tête, nous sommes 50 mètres plus bas et il nous dis que ce n’est pas par là qu’il faut passer. En voyant nos têtes… ils s’empressent de nous dire que c’est une blague ! Soulagement, parce que 50 mètres à escalader en sens inverse à ce moment là, on n’a pas envie. La blague a détendue l’atmosphère, nous rions de bon cœur, je me déconcentre et me tord la cheville. Rien de grave mais cela nous rappelle à l’ordre, il faut rester concentré. Nous croisons des randonneurs, l’encouragement est mutuel, nous savons ce qu’il leur reste à monter et eux savent ce qu’il nous reste à descendre… La descente est enfin devenue plus roulante, mais les chevilles continuent d’êtres sollicités. Ce que nous estimons plus roulant aujourd’hui étaient pour Valou et moi très technique en début de semaine, il faut relativiser. Bref, nous ne courons toujours pas à grandes enjambées. Les minutes et les hectomètres passent (dans ces conditions ce ne sont pas les kilomètres que l’on compte) le dénivelé s’amoindrit, les sensations reviennent et nous arrivons à proximité du PC. Pas de ravitaillements solides sur le R.E.V mais aujourd’hui, exceptionnellement, 2 points d’eau. Le premier est proche. Je me mets à la hauteur de Valou pour la rassurer sur mon état physique et avant même d’avoir le temps de lui dire que j’ai retrouvé des jambes et le moral, elle me lance : - « J’vais pas bien, j’ai mal, prends de l’eau si tu veux, moi j’ m’arrête pas ! » Gloups, ça calme ! Ah ! ben merde ! Que faire ? La rassurer ? Se taire ? Les questions ne se posent pas longtemps, la bonne humeur naturelle de ma coéquipière est très vite de retour, le fait de retrouver une foulée plus normale a quelque peu estompé les tiraillements sur cette foutue hanche et sur son genou. Cette étape reportée à aujourd’hui est une bonne chose, le temps est splendide, nous pouvons apprécier à sa juste valeur le charme du Vercors et j’ai eu 40 bornes sous le soleil pour apprécier celui de ma coéquipière. ça vaut vraiment le coup ! Alain et Philippe reviennent nous rejoignent. ça tombe bien. J’ai oublié de préciser que depuis le début de la journée nous ne suivons aucun balisage car il est interdit de baliser dans le parc naturel et, pour l’instant, je ne sais pas comment les autres ont fait pour se repérer ; moi, tel un vrai mouton, je n’ai fait que suivre. Un instant de doute, les frangins sortent la carte, « c’est par là », à peine 10 mètres que je suis devant et j’ai déjà pris le mauvais chemin ! Fatalement je me fais chambrer surtout avec l’épisode de la veille. Mieux vaut pour tout le monde que je reste dans le pas des autres, ce que je fais. Philippe à l’air de coincer un peu, je suis derrière lui et demande à Valou qui donne le rythme de ralentir un peu la cadence. Philippe n’a pas beaucoup mangé, pourtant c’est un homme d’expérience, avec Alain, son frère, ils écument tous les trails de la région et c’est un réel plaisir de discuter avec eux, ils connaissent très bien la région. Nous distançons Philippe et l’attendons. Un peu plus loin nos compagnons nous disent de courir à notre rythme. Nous les reverrons un peu plus tard. Le relief est plutôt descendant, un peu technique mais même de modestes traileurs comme nous réussissent à s’en sortir. Quand il s’agit de courir en montée ou sur un profil descendant pas trop abrupte ni trop technique, nous tirons notre épingle du jeu. C’est le cas sur cette portion. Nos sensations sont semblablement bonnes, nous prenons un réel PLAISIR à être là, ensemble, dans un décor si beau et si varié : au départ de l’étape, c’était de vastes étendues, puis vinrent un patchwork de clairières et enfin d’ombragés sous-bois maintenant. Un vrai bonheur ! Une longue descente de col sur le bitume, inhabituelle et inattendue qui nous fait douter du parcours que nous empruntions. Philippe et Alain nous rattrape à nouveau à la faveur de cette descente, mais ça remonte un peu plus loin et nous les semons encore. Les sensations sont vraiment bonnes et cela nous surprend un peu. Avec une étape de 40 kilomètres d’un tel relief, notre manque d’expérience et d’entraînement sur des terrains pas toujours en notre faveur ne nous y préparaient pas. L’inquiétude laisse place à la joie, ça sent l’écurie. Mais ne nous emballons pas, j’ai vu sur la carte que la dernière partie nous faisait emprunter une belle montée. Il ne faut pas oublier la dernière et copieuse étape de demain, gardons-en sous la semelle. Effectivement, pour finir, ça grimpe bien. Nous pourrions marcher, mais nous courons. Je reconnais la fin d’une étape que j’ai effectué deux jours auparavant. Allez ! bientôt l’arrivée, la descente sur La Chapelle et nous y sommes. Une dernière petite bosse, la ligne est là, on l’a fait ! Un peu fatigué certes, mais nous terminons frais, même pas à la ramasse, bien au contraire ! On ose à peine le dire. Valou picore les ravioles servis à l’arrivée, le R.E.V sait recevoir. Et les filles ? Nos chamois alpines ? Ben elles sont devant, elles nous mettent 10 minutes! –« Ben, on se sentait bien » Ca leur a coûté une bière ! Bravo en tout cas. Nous rentrons dans la salle de cinéma devenue cabinet médical le temps de la semaine. Quelques corps sont étendus sur les tables, les visages sont parfois grimaçants, parfois souriants, selon l’humeur et l’humour du kiné… Les coureurs arrivent au fur et à mesure, nous apprenons que les premiers ont mis une heure et demi de moins que nous ! Par contre, ce qui rassure, c’est de voir la démarche de (presque) tout le monde. Je ne suis pas seul à avoir mal. D’ailleurs à ce sujet, je souffre moins que ce matin avant le départ, c’est bizarre un corps humain ! Je ne vous cache pas mon étonnement, m’a satisfaction (?) d’avoir terminé frais et d’avoir suivi le rythme de Valou sans avoir eu la sensation de la pénaliser. Les masseurs nous préférant propres, direction la douche. Nous prenons le chemin de la maison de l’Aventure situé à 400 mètres… en voiture. Nous avions anticipé ce matin, au cas où ! Après la douche et avant d’aller se faire masser, il faut se restaurer, sinon Valou elle gronde. Pain, fromage, noix de cajou, Spordej, compotes, fruits secs, chocolat et les fameux TUC au bacon (40 bornes dans le Vercors eux aussi) tout y passe et j’ai intérêt à manger, elle me surveille. 5 jours de trail intensif dans le Vercors et on a pas maigri d’un gramme. De toutes façons, on n’y allait pas pour ça, on en a pas vraiment besoin. Pour le massage de ce soir, je n’ai pas oublié que j’étais le jouet d’Hervé. J’y ai pensé toute la journée. Il m’attend avec des yeux gourmands ! Valou passe avant moi entre ses mains, il a un peu de boulot pour la remettre en état, elle court mais elle a toujours mal. Et son genou est encore enflé. Je pensais être épargné en me faisant masser par François… C’est autorisé les massages effectués avec les pouces et les paumes de main ? Finalement on n’a qu’une hâte, repartir courir. Lors de l’apéro (oui parce que maintenant y’a même plus de pseudo-briefing, on vient juste pour boire) donc, lors de l’apéro nous apprenons que Max, après que nous l’ayons quitté, a fait une grosse hypoglycémie. Bien entendu, Mary est restée avec lui et sa journée fut une grosse galère. Comme quoi cela arrive à tout le monde, à des gens expérimentés aussi. Philippe à l’air d’aller mieux et il à un verre à la main. Si Valou va bien à chaque fois qu’elle a un verre à la main, croyez-moi, elle va bien ! Si vous avez un projet de trail alliant la course à pied et l’œnologie, vous pouvez la contacter. Le repas est à nouveau l’occasion de mieux se connaître, de faire part de nos anecdotes journalières, de profiter de ces moments privilégiés. Un regret quand même : à cet instant nous pourrions être à Ibiza au Club Med en train de danser sur « Y’a du soleil et des nanas », une soirée géniale animée par un DJ d’enfer. On ne fait pas toujours ce que l’on veut… Nous nous endormons, un sourire béat au coin des lèvres. Samedi 28 août 5ème et dernier jour : 1er coureur 12 km / 2ème coureur 14 km / 1er et 2ème coureur 12 km 5h45 : La nuit a été bonne mais nous n’avons toujours pas besoin de réveil. Quelques pas dans le couloir pour aller à la douche. Miracle ! Je marche, oui, je marche ! Je n’avais pas trop mal aux jambes en me couchant mais j’avais quelques doutes concernant mon état le lendemain. A part le premier jour , je n’avais pas encore été aussi souple. Je croise Sylvaine qui me demande comment je vais et je ne peux m’empêcher de frimer en faisant des entrechats. Bon, on ne s’emballe pas trop, ce n’est pas fini, il reste encore une étape et il faut rester prudent. Avant de faire part à Valou de mon exceptionnelle condition physique, je préfère lui demander comment elle va. Toujours un peu mal à sa hanche et son genou, mais reste confiante pour la suite des événements ? Bon ! La journée commence bien et le soleil au rendez-vous. Ce matin et pour la première fois, je pars le premier pour une liaison de 12 kilomètres dont 10 en montée pour ouvrir le bal. Valou aura un parcours au profil plus descendant mais, la dernière liaison étant commune, elle va enchaîner 14 kilomètres en plus des 12 derniers sans se reposer. Allez ! Elle est forte la néo-traileuse, elle va le faire ! J’espère surtout qu’elle n’aura pas trop à m’attendre sur la dernière portion… Nous prenons une dernière fois le bus, les « tactiques » de tous sont au point. Certain vont se taper les 3 sections d’affilée, soit par choix chronométrique en vue du classement final, soit parce qu’ils n’ont pas trop le choix, l’état physique (blessures ou fatigue) de leur coéquipier ne leur laissant pas d’autres opportunités. Par exemple, Philippe, n’ayant pas totalement récupéré de la veille, fera uniquement la dernière section avec Alain qui totalisera 38 kilomètres dans la journée ! Nous partons de Vassieux en Vercors. Un rapide mot du maire et c’est parti. Une petite montée sur le bitume pour commencer et nous empruntons un chemin plat. Je ne savais pas que ça pouvait exister dans la région un chemin plat. Surtout ne pas s’emballer ! J’ai décidé de partir tranquille, si je suis en forme les jambes feront le reste. La partie plate est propice à une allure rapide, je reste tranquille, j’attends les premières hostilités pour savoir ou j’en suis. Elles sont là les premières hostilités, après 200 mètres de montée, je vois devant moi Norbert le coéquipier d’Evelyne qui décroche et marche. Comme d’autres il n’a pas récupéré de la journée d’hier. Son état m’incite à la prudence, je sais que cela n’arrive pas qu’aux autres, j’en en mémoire quelques souvenirs relativement récents de triathlon ou j’étais au plus mal. Je double progressivement quelques coureurs qui marchent, je continue à courir car je perds du terrain lorsque je ne cours plus et je n’ai pas l’impression de peiner davantage lorsque je cours, alors ! On verra bien ! Là, je n’ai plus le choix ça monte trop, je ne peux pas courir, je perds à nouveau du temps sur les gars qui sont devant, c’est frustrant ! Je reviens sur eux dès que l’on peut courir mais le dénivelé est trop important pour pouvoir le faire. Un coureur arrive à ma hauteur, j’en profite pour me mettre à son rythme et ça va tout de suite mieux. De temps en temps, je cours un peu pour ne pas perdre le rythme, mais je continue de marcher à ses côtés. Nous arrivons sur une partie boisée, composée de singlet racks fort appétissants. Nous enchaînons les virages, tantôt en légères montées, tantôt en légères descentes. Puisque c’est un peu technique avec les racines, pierres et dévers, je propose à mon compagnon de route de passer devant pour ne pas lui faire perdre du temps. Il refuse, mon rythme lui convient et je m’en vois flatté. On devine derrière les arbres sur notre droite, une immense étendue de ciel bleu et un panorama infini. En sortant des bois pendant quelques mètres seulement, une superbe vue nous est offerte avec de grandes falaises qui émergent des vertes frondaisons plus basses. -« Tu m’excuses, je fais une pose, je ne suis pas du coin, j’en profite » -« Vas-y profite, profite ! » Et nous repartons, encore des singlet racks et la montée devient plus sévère. Mon partenaire me demande de ne pas l’attendre. Je me détache donc progressivement. Une grande montée dans une prairie dégagée me permet d’apercevoir des gars qui étaient LOIN devant moi tout à l’heure. Ils marchent là où je cours, je reviens sur eux, je ne suis plus qu’à quelques mètres et… nous abordons une grande descente. Ils me distancent à nouveau, ce n’est pas technique mais trop abrupte pour moi et je ne sais comment appréhender ces reliefs. Quelques minutes plus loin mon collègue lâché dans la montée me rejoint à nouveau. La fin de liaison est toute proche, je passe le relais à Valou. Je retrouve notre sac et je m’aperçois que je n’ai rien prévu pour me changer ni pour me restaurer (Valou l’apprend en lisant ces lignes) Ce n’est pas malin de ma part, mais il est vrai que, ce matin, j’ai un peu négligé cette phase ô combien importante d’un trail à étapes. Pour la tenue de rechange, ce n’est pas grave mais pour le ravito, c’est plus gênant. Je fouille le sac et trouve une banane. Merci Valou. Je me souviens qu‘elle m’a chambré au départ de la liaison parce que j’étais chargé. Je ne le regrette pas, cela comprenait des barres de céréales prévues pour l’étape de la veille. Nous arrivons sur le lieu de départ de la dernière section, ça sent la fin, quelques familles sont là et attendent l’arrivée et/ou le départ de leur héros. Le premier est arrivé puis reparti en compagnie de son coéquipier, l’attente est longue avant la deuxième équipe. 21 petites secondes séparent la première équipe de la deuxième avant cette ultime étape. A l’arrivée de cette étape et au classement général, 18 minutes les sépareront… Il me semble qu’un des deux membres de la deuxième équipe souffrait d’une entorse. Patrice, tout sourire, arrive. Son coéquipier Marcus lui emboîte le pas. Pour eux aussi c’est bientôt la fin. Un peu plus tard arrive Valou, tout aussi souriante. Je lui ai préparé une petite bouteille d’eau, elle n’en veut pas, je la lance derrière moi à destination des spectateurs mais elle rejoint le fossé. Rassurez-vous une aimable personne me dit qu’elle va la chercher car loin de nous l’idée de laisser des détritus dans la nature. Je suis en compagnie de « l’éboueuse du Vercors » . En effet Valou, puisque c’est elle qui ouvre le chemin, depuis deux jours, ramasse tous les emballages de barres céréalières et de gels énergétiques qui sont sur sa trajectoire et même aussi quand ils ne sont pas sur sa trajectoire. Je ne crois pas que ces déchets soient intentionnellement jetés à terre par les participants du R .E.V, je pense sincèrement qu’ils tombent de la poche des coureurs. La pollution est la même, que ce soit intentionnel ou pas, mais elle est un peu plus excusable. Ce que je crains en prenant le départ de cette dernière liaison, c’est de ne pas pouvoir me remettre dans le bain ; le fait de s’être arrêté est délicat à gérer, il faut remettre la machine en marche. Surtout avec ma partenaire, qui est bien dans le rythme. Vais-je pouvoir suivre ? Elle va enchaîner 26 bornes d’affilée mais c’est qu'elle galope la gazelle ! Cela fait quelques minutes que je cours en sa compagnie et j’arrive à suivre. Elle me dit qu’elle est bien, qu’elle veut garder son rythme et, pour ne pas la perturber, je prend ses pas. Nous apercevons Patrice et Marcus et, un peu plus loin devant, une autre équipe. D’un commun accord nous décidons de ne pas aller les chercher, de ne pas se mettre dans le rouge. Patrice et Marcus rattrape l’autre équipe, tandis que nous nous rapprochons d’eux. Comme d’habitude nous gagnons du terrain quand ça monte et nous en perdans quand ça descend. Patrice et Marcus prennent le large pendant que nous rattrapons ceux qui étaient, l’espace de quelques minutes, leurs compagnons. Il s’agit de l’équipe 6. Il reste à appréhender une dernière montée sur la route, notre foulée n’est pas très légère, le bruit des chaussures sur le sol trahit une certaine fatigue, mais nous sommes bien, aussi frais qu’hier à la fin de l’étape. Un des deux coéquipier de l’équipe 6 peine un peu plus que nous, nous l’encourageons, l’envie de finir main dans la main avec une autre équipe est attrayante. La dernière descente, la Poste, une ligne droite, un dernier coup de cul. Bras levés, mains serrées, émus, nous passons tous les quatre la ligne d’arrivée. QUE DU BONHEUR ! Olivier, le responsable de www.grassroots.fr nous offre à chacun un maillot de course à pied, Celui-ci ne finira pas comme chiffon ou comme chemise de nuit, il a une valeur toute particulière. Bises, accolades, congratulations, quelques larmes, toutes les émotions sont au rendez-vous, Catherine notre « speakerine » de choc interview les R.E.Veurs. Tous sont aux anges. L’équipe médicale est à l’arrivée, oubliant presque leur devoir. on ne leur en veut pas, c’est aussi grâce à eux si nous sommes en état de courir. Ils font partie de la famille ; Outre leurs indéniables qualités professionnelles (Jamais vous n’auriez cru que je puisse dire ça de vous hein ?) nous n’oublierons pas leurs qualités humaines. Cette fois-ci, voyez, c’est moi qui vous passe de la pommade ! Valou est rayonnante, heureuse de l’avoir fait ; c’est vrai que nous partions un peu dans l’inconnu. Inexpérimentés en trail, en plus sur une épreuve sur 5 jours avec un relief où nous ne nous entraînons jamais et pour de longues distances, ce n’était pas gagné. Malgré cela, nous terminons relativement frais, sans trop de gros bobos ; la preuve en est, même si le classement nous importait peu, que nous terminons la dernière étape à notre meilleur classement : 8ème ex æquo. Deux derniers jours parfaitement (désolé pour le manque de modestie !) gérés ; on nous avait dit que notre équipe était homogène, personnellement j’en doutais un peu, vu que je ne possède pas les qualités pédestres de Valou ; ceux qui nous avait exprimés ces sentiments avaient donc raison. Tout c'est très bien passé mais Valou a eu ces mots très juste concernant le Relais Extrême Vercors –" Nous n'avions pas accordé assez d'importance au mot Extrême avant de venir…" Il est temps maintenant de faire ses valises, de manger un morceau (toujours sous l’œil attentif de ma partenaire) et d’aller à la remise des prix. C’est vrai qu’il y a un classement mais ce n’est pas ce que nous retiendrons de ce séjour, même si on s’est laissé prendre un peu au jeu. La grande majorité des coureurs présents sont venus chercher autre chose et c’est tant mieux. Je vous livre notre classement : 13ème au scratch (1er en 17h13mn10s)et 2ème équipe mixte (1er en 21h43mn45s). Cette remise des prix était surtout l’occasion de remercier vivement les organisateurs et les bénévoles, ceux grâce à qui nous avons pu assouvir notre passion. Faire la liste serait trop long ; à travers Marielle, nous vous remercions toutes et tous, sincèrement. Nous ne mesurons pas forcément l’investissement dans le temps que nécessite l’organisation d’une telle épreuve, mais soyez sûr que nous vous en sommes reconnaissants. Sachez futurs R.E.Veurs que le coût de cette épreuve est de seulement 125 € par équipier, le futur triathlon Ironman de Nice par exemple vous coûtera 300 € pour une seule et unique journée. Une pensée pour Jean-Paul, qui a participé au R.E.V à plusieurs reprises (3 victoires) et qui, aujourd’hui, est paraplégique à la suite d’un accident survenu au printemps. Il était parmi nous tout au long de ce séjour. Dis Marielle, c’est quand le prochain R.E.V ?

Source: http://www.plushow.fr/cariboost_files/Un_20r_C3_AAve.pdf

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Nucleic Acids Research, 1997, Vol. 25, No. 6 1219–1224 Interaction of tetracycline with RNA: photoincorporation into ribosomal RNA of Escherichia coli Rudolf Oehler, Norbert Polacek, Guenter Steiner1 and Andrea Barta* Institute of Biochemistry, University of Vienna, Vienna Biocenter, Dr Bohrgasse 9/3, A-1030 Vienna, Austria and1Division of Rheumatology, Department of Internal Medici

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CURRICULUM VITAE CHIARA CATELANI Esperienze di Studio di Danza 1977-1987 Centro Studi Danza di Firenze Studi di danza classica accademica con Lilia Bertelli, B. Baer, Cristina Bozzolini . 1983 Imago-Lab- Studi di danza contemporanea (tecnica NicKolais) con S.Bucci. Stages estivi : 1981-1982 Festival di Nervi- stages di danza classica con M. Fusco, R.Nunez, Lee, J.Garcia . 1

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